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Démocratie, direct !

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1 Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 0:16

La gauche est en crise. Ses stratégies sont pour l’instant inopérantes, voire contre-productives, comme le montrent sa disparition en Italie et l’union sacrée de la fausse gauche avec la vraie droite en Allemagne. Et si la crise de "la gauche" était elle aussi systémique, consubstantielle à la crise planétaire ?

study Qu’est-ce que la gauche ?

Le terme est né en France, quand les opposants au féodalisme s’assirent à gauche et les conservateurs à droite de l’hémicycle. La principale revendication était l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé. Celle ci fut votée par une assemblée majoritairement de droite, sous la pression de révoltes populaires dépassant les moyens de répression de l’époque, le 4 août 1789.

La gauche s’est définie par son opposition aux privilèges, et la droite par son attachement aux sauveurs suprêmes, aux césars et aux tribuns. L’étymologie fournit ainsi en axiome une définition "universelle" de la droite et de la gauche, sans ethnocentrisme ni chronocentrisme. Historiquement, le libéralisme philosophique n’est pas de droite, et une Nomenklatura n’est pas de gauche. Le clivage n’a rien de nouveau : la droite veut des hommes providentiels, des rois et des chefs, des délégués et des patrons, des guides et des führers, et leur concède bien volontiers les privilèges de leur éminence putative, et la gauche veut une réelle démocratie (Polis-tikès). Leurs corpus respectifs opposent deux modèles d’organisations : l’idéologie de droite est celle des pyramides hiérarchiques, et l’idéologie de gauche celle des organisations en réseaux.

Question Partis de gauche : pour aller où ?

Paradoxe apparent, les "partis de gauche" ne sont pas organisés en réseaux, mais comme les partis de droite et les entreprises capitalistes, en pyramides ! Un "parti de gauche" en ce début de millénaire, c’est une entreprise qui vend un service : changer la société. Ses recettes sont constituées de contributions monétaires et bénévoles, et ses dépenses consistent en actions de lobbying politique. Son organisation est verticale, pyramidale. Elle comprend une dizaine d’échelons hiérarchiques basés le plus souvent sur des découpages administratifs successifs chapeautés de multiples instances de direction concentriques. Comme dans toutes les entreprises basées sur ce modèle typique du dix-neuvième siècle, l’information ne circule pas ou très mal, les outils sont inadaptés aux objectifs, le climat social est effroyable, et la productivité globale est affligeante.

Naturellement, en termes d’image et de crédibilité, un "parti de gauche" fonctionnant avec plus de hiérarchies internes réelles qu’une entreprise comme Google devient de plus en plus difficile à vendre à ses électeurs potentiels. Leur désaffection n’est donc pas liée à un tarissement de la demande mais à une inadéquation de l’offre, conduisant à une rentabilité négative de l’investissement militant global dans les principaux partis "de gauche" du marché : en quelques décennies, la part des revenus du travail dans le PIB a considérablement diminué au profit des revenus du capital.

Dans leurs formes actuelles, les organisations "de gauche" échouent à opposer à la globalisation du secteur mercantile une globalisation des alternatives démocratiques. Selon un sondage, plus de huit personnes sur dix pensent pourtant "que notre société est mauvaise, et doit changer". Mais comme la quasi-totalité de l’offre des partis, syndicats, et associations "de gauche" repose sur un modèle d’organisation de droite [1] que les entreprises capitalistes elles-mêmes n’adoptent plus en l’état, cette majorité ne concourt que de manière de plus en plus marginale à la demande résiduelle pour ce qui nous sert de gauche politique aujourd’hui.

Idea La démocratie directe : un resizing

Le marketing ne peut enrayer une telle crise : des restructurations majeures s’imposent. Google a trois niveaux hiérarchiques, plus un quatrième qui décide : les actionnaires. Aux partis de gauche et aux entreprises avisées d’adopter un modèle encore plus productif en allant au bout du resizing [2] : aucun échelon hiérarchique. L’absence de hiérarchie ne vise pas seulement l’économie de dépenses improductives, voire contre-productives, mais aussi et surtout la meilleure capitalisation de l’intelligence collective. Un resizing complet équivaut au concept politique de démocratie directe [3].

Des tergiversations et des obstacles sont prévisibles, car les échelons hiérarchiques jouent un rôle conservateur bien connu des sociologues des organisations et désormais des électeurs. Les solutions sont connues elles aussi, pour l’essentiel, depuis des millénaires : éviter toute délégation de pouvoir, user de tirages aux sort, de mandats non renouvelables, impératifs, non cumulables, développer méthodes et outils horizontaux d’élaboration de textes collectifs et de prise de décisions (opérationnels même à plusieurs milliards), se doter d’instances exécutives, d’arbitrage, et de contre-pouvoirs indépendantes et à zéro niveaux hiérarchiques, ... et expérimenter tout ça et plus encore ici et maintenant.

Politiquement, quelques ersatz ont suffit à Royal pour court-circuiter l’éléphanterie du PS, à Obama pour doubler Hillary, ou à Besancenot pour passer en vedette américaine chez Drucker. La démocratie directe partout, au parti comme à l’entreprise, représente donc bien une énorme demande qui reste insatisfaite, reniée, édulcorée, sans cesse instrumentalisée et pourtant toujours masquée au débat public [4]. Voilà l’élément systémique de la crise d’une gauche qui s’étonne de demeurer politiquement minoritaire quand elle est sociologiquement ultra-majoritaire.

elephant Bravitude participative ou démocratie directe ?

Associée peu ou prou au "monarchisme d’entreprise" consubstantiel des dogmes réactionnaires, la "démocratie" représentative devient invendable [5]. C’est pourquoi les mouvements de concentration, O.P.A., grandes alliances, et petits arrangements entre "partis de gauche" ne freinent guère leurs déclins. Quelques "bravitudes participatives" peuvent-elles suffire à racheter une gauche Canada-Dry noyée dans un verre de Vichy ?

Le remède à la crise des "partis de gauche" n’est-il pas plutôt d’y revenir ? (à gauche, au sens rappelé en introduction) 2002, 2005, 2007, toutes les grandes études de marché récentes le confirme : désormais, pour convaincre d’adhérer à leur concept d’entreprise, il ne suffit plus aux organisations de gauche de vendre sur catalogue une démocratie livrable au chant du coq le matin du grand soir. Elle doivent avoir le produit en stock [6], et le mettre en rayons !.

Minga, 2008, revoltes.net (article + forum associé)

Et si vous n’en pensez pas moins, n’hésitez pas à rediffuser ! (c’est ainsi que ce texte a déjà été lu par plus de cent-mille personnes quelques semaines après sa première publication)


Notes :

[1] "Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre." (Karl Marx - Le Manifeste du Parti Communiste).

[2] Resizing : réorganisation d’une entreprise par la suppression des échelons hiérarchiques inutiles. A ne pas confondre avec le downsizing, qui est la réduction de la taille et/ou du périmètre d’activité pour augmenter la rentabilité financière de ce qui reste.

[3] Démocratie directe : c’est un pléonasme, car étymologiquement la démocratie est directe ou n’est pas.

[4] Sur les confiscations du débat démocratique, voir aussi "Critique de la démoscopie, du débat démocratique confisqué par son propre spectacle" (Yannis Youlountas, La gouttière, 2007), dont les principales pages sont lisibles sur : www.youlountas.net.

[5] Démocratie "représentative" : voir brochure "Sommes-nous en démocratie ?", à télécharger sur www.les-renseignements-genereux.org.

[6] "Le média, c’est le message", dit Mac Luhan. De la même façon (mais cela s’applique aux quatre pouvoirs définis par Tocqueville et non plus seulement au quatrième), "l’organisation, c’est le projet". L’organisation et son projet perdent toute crédibilité lorsqu’ils s’opposent.



Dernière édition par Minga le Mar 24 Mar - 0:18, édité 1 fois (Raison : lien)

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2 Re: Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 0:28

Chaque fois un plaisir de relire ce texte.

Very Happy

On va dire que ça fait bouger les neurones.

Bon, Minga.

Tu vas nous chercher Yannis?

Il manque, ici.

Puis faudra aussi aller chercher Etienne.

Et toustes les autres...

Puis on s'y remet. Allez quoi..

cheers sunny

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3 Re: Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 0:52

Quelque chose m'échappe.
Je ne retrouve plus ou quasiment plus l'amplitude et l'ouverture des premiers posts.
Le rêve général devient en fait un rêve bien particulier, un rêve de gauche.
Je ne suis pas de droite, ni de gauche.
Je ne crois pas à un monde issu de la victoire de la gauche sur la droite, mais à la victoire, sans doute plus lointaine, d'un monde ayant dépassé étiquettes, idéologies, traditions.
L'invention de ce monde ne saurait s'enfermer dès le départ dans une vision seulement politique, ni sous une étiquette.
L'humanité a besoin de trouver l'expression de quelque chose de radicalement nouveau.
Puisse cette initiative y participer sans exclusivisme (donc ouverte à des gens "de droite", pourquoi pas)...

Voir le profil de l'utilisateur http://anarchieevangelique.wordpress.com/
anarchieevangelique a écrit:Quelque chose m'échappe.
Je ne retrouve plus ou quasiment plus l'amplitude et l'ouverture des premiers posts.
Le rêve général devient en fait un rêve bien particulier, un rêve de gauche.
Je ne suis pas de droite, ni de gauche.
Je ne crois pas à un monde issu de la victoire de la gauche sur la droite, mais à la victoire, sans doute plus lointaine, d'un monde ayant dépassé étiquettes, idéologies, traditions.
L'invention de ce monde ne saurait s'enfermer dès le départ dans une vision seulement politique, ni sous une étiquette.
L'humanité a besoin de trouver l'expression de quelque chose de radicalement nouveau.
Puisse cette initiative y participer sans exclusivisme (donc ouverte à des gens "de droite", pourquoi pas)...

Bien que le texte "Démocratie, direct !" ait la forme d'une critique des organisations "de gauche", cette critique radicale s'applique à l'évidence encore bien plus aux formes d'organisations historiquement "de droite". Elle est au delà des étiquettes politiciennes : elle exprime ce que je crois être un rêve général : celui de la démocratie(directe), de l'organisation libre (et facultative), à zéro hiérarchie.

Quand aux gens "de droite" dont vous parlez entre guillemets, ils font partie de cette "gauche sociologique" qui balance à droite dont parlait Pierre Perret dans l'une de ses chansons : "Aujourd'hui c'qui m'épate, le soir à la téloche, c'est qu'ceux qui votent à droite ont tous des idées d'gauche ..."
En rappellant l'origine étymologique de la notion de "gauche" politique, ce texte permet justement de dépasser l'étiquetage conformiste et superficiel de "la gauche" politicienne, et de ne pas en rester ainsi limité au jeu balisé et limité des alternances sans alternatives.

L'intérêt de la démocratie (directe) comme méthode et comme stratégie, c'est d'abord et avant tout de permettre "d'additionner" intelligences et créativités efficacement, bien plus efficacement que les "modes d'aggrégation" classiques des organisations hiérarchistes, verticales, et pyramidales, totalement obsolètes.

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5 Re: Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 9:42

OK, je suis pour la démocratie directe.
Je voulais juste dire que je souhaite une définition du Rêve émancipateur qui soit à titre HUMAIN et non à titre politique, un appel par-dessus nos étiquettes, politiques et autres d'ailleurs.
Tout ce qui est bon pour l'émancipation doit revenir à l'émancipation.

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6 Re: Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 9:47

anarchieevangelique a écrit:
Quelque chose m'échappe.

Le rêve général devient en fait un rêve bien particulier, un rêve de gauche.
Je ne suis pas de droite, ni de gauche.
Puisse cette initiative y participer sans exclusivisme (donc ouverte à des gens "de droite", pourquoi pas)...

Salut,

Le texte de Minga est un texte politique qui peut s'appliquer à toutes les orgas. Il l'a répondu. Ce a surtout été conçu (il y a quelques mois déjà) pour bousculer les neurones des militants, plutôt de gauche, puisque la gauche est plus fragmentée que le droite dans ce pays. Atomisée, je dirais.

De plus, Minga est plutôt "de gauche" si j'en juge par son son site...

Mais tu ne seras pas le dernier, Anarchieevangélique à "pointer" le gauchisme de certaines idées qui seront développées ici. On y verra des gens de gauche et des gens de droite aussi, j'espère. Et des gens ni de l'une, ni de l'autre.

Mais c'est ce que nous arriverons, à faire, ou pas qui déterminera éventuellement la couleur politique du projet.

Ceci dit, fondamentalement, je ne sais pas s'il continuer à parler de droite et de gauche.

Même à l'intérieur des courants militants de gauche, l'utilisation du mot gauche fait sérieusement débat. On peut penser qu'il faut se placer, pour mener le combat, du point de vue du libéralisme sauvage qui écrase tout le monde et de la citoyenneté qui est bafouée royalement.

Pour ce qui concerne le monde dans lequel nous vivons, pas besoin d'être de gauche ou même politisé pour en rêver un autre.

Ceci dit, être antilibéral: est-ce, alors, encore être de gauche?
Trop à gauche?
Pas assez?

Voyons voir ce que nous sortirons de tout ça. Qui travaillera. Et ce que donnera le final.

Tiens, je vais aller poster dans le projet de charte. Cool

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7 Re: Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 13:29

Soulèvement total, supra-politique, par-delà révolution et religion, insurrection à titre humain, ouverture sans frontières, récréation du changement...

Il doit y avoir plein de jolis noms à inventer pour dépasser "droite/gauche"...

"droite/gauche""droite/gauche""droite/gauche""droite/gauche""droite/gauche""droite/gauche"
- ROMPEZ.

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8 Dépasser le clivage droite gauche le Mar 24 Mar - 17:33

Ce débat est essentiel.

quand je dis "je suis de gauche", qu'est ce que ça veut dire?

cela veut dire que je m'identifie à une histoire.
Plus précisément je m'identifie à un certain nombre de valeurs, portées par des personnes qui historiquement ont siégé à gauche de l'hémicycle.

Mais devrais-je dire je suis de gauche?
Est ont ce à quoi on s'identifie?

Je suis ce que je pense, ce que je fais , ce que je dis.

Quand on parle avec moi on ne parle pas avec "un homme de gauche", mais avec un être humain tout simplement.

La question de savoir à quelle grande famille politique on appartient est aussi absurde que celle de savoir à quelle communauté ont s'identifie.

Ce qui compte c'est ce que chacun, exprime, ce que le groupe décide, et ce que tout le monde fait.

De ce fait dans le projet "Rêve Général" peu nous importe les groupes, familles auquel chacun s'identifie, auquel chacun appartient ou croit appartenir. Nous ne somme pas notre communauté, notre parti, notre syndicat nous sommes des être libres désireux de construire ensemble.



Dernière édition par Benjamin BALL le Mar 24 Mar - 17:34, édité 1 fois (Raison : ponctuation)

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9 Re: Démocratie, direct ! le Mar 24 Mar - 17:52

"Je suis ce que je pense, ce que je fais , ce que je dis."

100 % d'accord.

"Quand on parle avec moi on ne parle pas avec "un homme de gauche", mais avec un être humain tout simplement."

Idem; d'où l'idée d'un bouleversement non pas à titre politique mais humain.


"La question de savoir à quelle grande famille politique on appartient est aussi absurde que celle de savoir à quelle communauté ont s'identifie."

Idem. Ce qui PEUT être intéressant, à mon sens, c'est justement le potentiel de dépassement qui doit se trouver dès les premières formulations.

Il faudrait rédiger de "nouvelles banalités de base" (en référence à un texte des situs)...

"De ce fait dans le projet "Rêve Général" peu nous importe les groupes, familles auquel chacun s'identifie, auquel chacun appartient ou croit appartenir. Nous ne somme pas notre communauté, notre parti, notre syndicat nous sommes des être libres désireux de construire ensemble.
"

Du coup, ce projet devient un espace potentiel de nouveauté.

Cela viendra peut-être aussi au fil de nos échanges, remarquables de courtoisie et de simplicité.
Bonnes inspirations à chacune, à chacun et à tous.
Tant qu'à rêver, rêvons tout haut !

Like a Star @ heaven Like a Star @ heaven

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10 droite/gauche suite le Mar 24 Mar - 21:14

C'est bien comme début, placer l'humain (individu), l'humanité et l'humanisme en premier !
Parlons de justice et de libertés, plutot que des droites/gauches stériles et dépassés et qui de plus vont en rebuter beaucoup.
A réver tout haut, moi je propose que le travail mérite UN salaire et pas une fourchette de un à dix (comme lu dans je ne sais plus quel article).
Merci à tous pour les idées, souvent bonnes, qui fusent tout au long des différents articles.
Continuons !

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11 Re: Démocratie, direct ! le Mer 25 Mar - 1:17

Je m'arrête pour ma part à l'humanité qui ne représente pas un système contrairement à l'humanisme.

Pour que la société devienne enfin viable, je pense qu'il faudrait l'imaginer en dehors de tout système.

En effet, tout ce qui est sytème ne finit-il pas par disparaître? Nous mêmes sommes des systèmes organiques voués à disparaître. Je suis plutôt de la partie économique et l'entreprise m'a toujours été présentée comme un système avec un développement, une phase de stagnation et un déclin! SAUF de nos jours, où l'absence de démocratie digne de ce nom, permet à tous nos bons gouvernements de pays soit disants développés de sauver les grands trusts!

Mais pour ma part, si je suis toujours optimiste sur notre humanité, c'est parce que je suis sûr qu'il est possible pour tout un chacun de s'inscrire dans cette vision que nous ne sommes que pour un court instant sur notre chère planète TERRE et que tout peut être mis en place pour favoriser la continuité de l'épanouissement de notre espèce par le développement de nos consciences.
Une des conditions importantes pour cela me semble être le dépassement du système de valeurs issues de nos cultures judéo chrétiennes.
Portons notre rêve général au-delà de ce qui est existant.

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Pour dépasser les réflexes d'identification identitaire à tel ou tel courant, il est utile de les comprendre, afin d'être à même de les dépasser. Et pour se comprendre, il faut être sûr de parler de la même chose. Ainsi, "la gauche" est-elle la gauche des partis, toujours minoritaire ? Ou la "gauche sociologique", celle qui dans une grande diversité ne se satisfait pas de ce capitalisme qui asservit l'humain et détruit la planète ? Et "la droite" ? Est-ce la droite de Sardou prônant la peine de mort ou celle du même Sardou protestant contre les violences policières contre les étudiant-e-s en 1986 ?

J'ai pris la peine de donner des définitions certes peu conformistes mais étymologiquement, historiquement, et ontologiquement bien plus solides que les définitions conjoncturelles et opportunistes de la gauche politicienne. Mon texte propose de rassembler, de réunir, de créer du commun, du rêve général à réaliser ensemble, sans aucun autre préalable "idéologique" que d'exiger de prévoir dès l'initiative que chacun-e compte et comptera toujours pour un-e.

Tout ce qui divise les peuples aide les oligarchies qui règnent selon le vieux principe féodal du "diviser pour régner". Le parti-pris de la démocratie (directe) est de rassembler d'abord sur cette base, pour garantir que les réflexions collectives seront vraiment communes et partagées et pas simplement approuvées du bout des lèvres "faute de mieux".

Bien sûr, la démocratie (directe) ne saurait suffire à caractériser un rêve général. C'est juste la condition nécessaire du dépassement des clivages collectivement nuisibles. Au vu de l'histoire, nous sommes désormais de plus en plus nombreux à contester la légitimité et plus encore à douter de "l'efficacité" des méthodes traditionnelles d'organisation, pyramidale et hiérarchiques. Mais nombre de militant-e-s "de gauche" ont encore du mal à comprendre celà. Certain-e-s sont tellement aliénés au "hiérarchisme" qu'il en sont devenus ses meilleurs soutiens (et pas seulement "à droite ...). Comme le disait le sociologue Pierre Bourdieu : "le comble de l'aliénation est de perdre conscience de sa propre aliénation".

C'est pourquoi il convient d'être prudents, "lents" s'il le faut, pour prendre le temps de com-prendre, de prendre avec soi, TOUS les apports de différents courants de pensées. Aucune critique n'est inutile. Aucune "urgence" n'est urgente au point de l'emporter sur la nécessité de rassembler.

Celà a été dit plus haut : le mot "gauche" est un peu "démonétisé" pour les gens "de gauche" eux-mêmes. De même, le mot "humanisme" peut piéger, car il ne représente pas forcément une valeur universellement positive pour les militant-e-s de la cause animale. Dans un article de revoltes.net, j'ai publié différentes versions de déclarations ds droits "universels", accompagnées d'un défi pour philosophes : écrire une "Déclaration des droits" universelle, une déclaration des droits de tous les êtres sensibles : animaux (humains compris), végétaux, extra-terrestres, intelligences artificielles, et cas imprévus ...

Je donne tous ces exemples pour aller dans le sens d'un message précédent d'anarchieevangelique : "Ce qui PEUT être intéressant, à mon sens, c'est justement le potentiel de dépassement qui doit se trouver dès les premières formulations."
A mon avis, un niveau inédit de démocratie (directe) à très grande échelle est LA condition nécessaire d'un potentiel de dépassement, celle qui doit fonder les premières formulations. Ce n'est sans doute ni facile ni même suffisant, mais sans celà, qu'y aurait-il qui n'ai déjà été tenté mille fois ???
La pire erreur serait de "pondre" un texte (Charte ?) à quelques uns en voulant atteindre "l'universel" en petit comité de gens rassemblés parce qu'ils se ressemblent déjà, et d'attendre ensuite que d'autres s'y rallient ... ou passent leur chemin. C'est pourtant cette erreur cent fois répétée qui écarte nos rêves généraux (et généreux) de toute incarnation ...

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13 Re: Démocratie, direct ! le Jeu 26 Mar - 6:52

Encore une contribution riche !
Oui, prenons le temps que grandisse l'esprit même du Rêve,
voyons si ne s'en dégage pas d'elle-même la si espérée, si attractive Nouveauté sous le soleil
- qui ralliera d'un seul trait toutes nos aspirations décousues ?

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14 Re: Démocratie, direct ! le Jeu 26 Mar - 9:49

Minga a écrit:
La pire erreur serait de "pondre" un texte (Charte ?) à quelques uns en voulant atteindre "l'universel" en petit comité de gens rassemblés parce qu'ils se ressemblent déjà, et d'attendre ensuite que d'autres s'y rallient ... ou passent leur chemin. C'est pourtant cette erreur cent fois répétée qui écarte nos rêves généraux (et généreux) de toute incarnation ...

Certes, mais il faudra tout de même bien en passer par un court texte d'appel ou d'entrée, ou minicharte, peu importe, qui puisse convenir ici à tout le monde.

Non?

Je pense que si c'est très court et très ouvert, cela peut com-prendre tout le monde, comme tu l'écris.

Affirmer que nous souhaitons développer un autre modèle social, politique et économique me semble un minimum.

http://projet-revegeneral.forumactif.com/pour-continuer-d-avancer-f1/travailler-sur-une-charte-du-collectif-t54.htm#247

Qu'en pensez-vous?

Voir le profil de l'utilisateur http://www.cualdemeze.fr

15 Re: Démocratie, direct ! le Jeu 26 Mar - 11:54

Je pense aussi qu'il faut une première brique qui invite chacun à apporter sa pierre à l'édifice.

Avec des outils type "wiki" on a une solution technique à ça.

Voir le profil de l'utilisateur
XM a écrit:
Affirmer que nous souhaitons développer un autre modèle social, politique et économique me semble un minimum.
...
Qu'en pensez-vous?

S'organiser sans hiérarchie ni centralisme constitue un autre modèle social, qui peut bien entendu s'appliquer à l'économie politique (séparer l'économie de la politique est une arnaque intellectuelle). La démocratie (directe) comme projet de société ET comme méthode rassemble bien plus largement que n'importe quel programme trop strictement "économiste". Maintenant, c'est certe plus facile à dire qu'à faire, mais le défi de faire ainsi quelque chose de réellement neuf en s'y mettant assez nombreux n'en vaut-il pas la peine ?

Maintenant, si ça doit être court, pourquoi ne pas commencer par affirmer : "Notre rêve général est celui d'un rêve commun construit ensemble à plusieurs milliards et ouvert sur les rêves futurs de tous les êtres sensibles. Notre défi est de construire ensemble aujourd'hui les outils pour coopérer ainsi nombreux sans hiérarchie ni centralisme. Notre projet de société est basé sur ce principe fondateur et opposable à toute autre disposition : "chacun-e- compte pour un-e", appliqué aux institutions, partis, associations, et entreprises, mais également aux générations futures. Tout ce que nous avons déjà fait est provisoire, et n'est rien à côté de ce qui reste à accomplir, plus nombreux. Quand nous pourrons coopérer ainsi à plusieurs milliards, notre rêve sera devenu presque général. Avec vous"



Dernière édition par Minga le Ven 27 Mar - 6:31, édité 2 fois (Raison : faute +)

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17 Re: Démocratie, direct ! le Ven 27 Mar - 8:44

"Notre rêve général est celui d'un rêve commun construit ensemble à plusieurs milliards et ouvert sur les rêves futurs de tous les êtres sensibles. Notre défi est de construire ensemble aujourd'hui les outils pour coopérer ainsi nombreux sans hiérarchie ni centralisme. Notre projet de société est basé sur ce principe fondateur et opposable à toute autre disposition : "chacun-e- compte pour un-e", appliqué aux institutions, partis, associations, et entreprises, mais également aux générations futures. Tout ce que nous avons déjà fait est provisoire, et n'est rien à côté de ce qui reste à accomplir, plus nombreux. Quand nous pourrons coopérer ainsi à plusieurs milliards, notre rêve sera devenu presque général. Avec vous"

ça me paraît bien !

L'essentiel n'est pas de fournir un "programme", forcément dépassé et non appliqué, mais d'indiquer (modestement mais résolument) la sortie, de démontrer les raisons de l'espoir ; bien exprimé, bien diffusé, cela peut suffire à créer un passage d'air frais dans la société, qui s'élargira.

Voir le profil de l'utilisateur http://anarchieevangelique.wordpress.com/

18 tout est question de vocabulaire le Sam 28 Mar - 10:08

Je viens de découvrir le texte de Minga et il est tout à fait passionnant mais sur la forme il me pose de droles de problèmes. Minga utilise un peu trop à mon gout le style néolibéral.(tout expliquer en utilisant la notion de marché voilà un drôle de problème!)

Pour moi ce débat n'est pas anecdotique.
Plusieurs reflexions me sont venues quand j'ai découvert une ligne néolibérale très particulière : la Fin de l'Histoire.
personnellement à part dans le cas de mort de l'humanité je ne voyais pas comment une notion pareille pouvait apparaitre. sauf qu'elle est très pratique. si nous adhérons à cette idée nous sommes sur notre lancée nous continuons dans le système actuel sans fin...
Heureusement l'Histoire s'est rappelée à leur bon souvenir: la crise est apparue. Nous allons vivre un "moment historique", si nous savons rever assez fort formidable sinon cauchemardesque.
Devant cette tentative de nous faire croire que tout était joué, je me suis posée la question de combien d'idées avaient dérouté ma pensée.

Je débute donc une réflexion autour de notions qu'il est de bon ton de dénigrer.

Je tiens à faire de la politique et je m'assoie à gauche de l'hémicycle résolument.
Je tiens à m'occuper de la chose publique quand je vois ce que les gens ( à qui nous avons délégué cette mission par le biais des élections) en ont fait.

Je m'assoie à gauche de l'hémicycle non que je partage les valeurs des révolutionaires de 1789 (à part peut être en ce moment une forte envie d'une nuit d'abolition des privilèges) parce que je me positionne à coté... à contre courant... de ce qu'il se passe en ce moment.

Je revendique une réfléxion sur le partage de la valeur ajoutée entre le profit et le travail (cette fois en faveur du travail)
(voilà le profil anxiogène de Marx affraid )

bien d'autre notions sont encore à revisiter...

Tiens une dernière pour la route entendue sur France Inter et expliquant qu'un ouvrier qualifié gagnant 1500 euros (15 ans d'ancienneté) appartient à la classe moyenne! Devant le refus de cette étiquette par l'ouvrier syndicaliste CGT, le journaliste parle de "résistance psychologique"...puisque aujourd'hui la seule définition de la classe moyenne est son salaire.(monde financier quand tu nous tiens...)

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19 Le "libéralisme" est une escroquerie le Sam 28 Mar - 18:36

Dans son célèbre roman "1984", Georges Orwell décrit un régime totalitaire ou une "novlangue" vide de sens remplace et même empêche toute pensée critique. Après le "TINA" (There Is No Alternative - il n'y a pas d'alternative) de Thatcher, après 30 ans de pédagogie de la résignation, en 2008, la capitalisme a fait faillite : faillite financière, d'abord, avec plus de 5000 milliards de dollars de pertes sèches renflouées par des traites signées par nos gouvernements sur les impôts et taxes futurs des pauvres, faillite idéologique, puisqu'en moins de 15 jours les dirigeants du capitalisme mondial ont jeté des oripeaux idéologiques qu'ils avaient mis des decennies à inculquer aux peuples exploités, et enfin faillite morale, en révélant crûment le seul vrai fondement du capitalisme : organiser le règne d'une oligarchie au sein d'un système hiérarchique et pyramidal d'exploitation de l'humain et de la nature au seul profit d'une infime minorité !

Sur la répartition de la valeur ajouté entre capital et travail, comment celle-ci pourrait-elle être juste pour les travailleurs si ce sont d'autres qui décident ??? La démocratie (directe) à l'entreprise est donc bien la condition première d'une répartition différente du droit de décider au sein d'un collectif, et donc des richesses.

L'histoire a montré que cette répartition plus juste des profits ne pouvait pas être effectuée efficacement et durablement par une simple politique de redistribution fiscale compensant ainsi seulement certaines des injustices intrinsèques au capitalisme. Le "socialisme" étatique est toujours, au fond, du capitalisme, tant qu'il adopte le mode d'organisation hiérarchiste.

Le texte "Démocratie, direct !" réalise une déconstruction de la novlangue "néo-libérale" à partir de l'étymologie. Prenons par exemple le mot "libéralisme". Ses adeptes ne sont en rien "libéraux", puisqu'ils prônent l'absolutisme dans "leurs" entreprises ! Si vous comparez par exemple la définition de "libéralisme" du Grand Larousse encyclodique et celle de "Wikipedia", vous lirez un truc honnête chez Larousse : "plus personne depuis keynes ne s'est hasardé à donner une définition du libéralisme, qui apparaît de plus en plus comme un cache-sexe élimé du capitalisme", et une propagande capitaliste sur Wikipedia ...

Bref, j'aurais pu dire presque la même chose sans aucune référence à la novlangue "libérale", à l'exception d'un point important : le capitalisme a toujours besoin de s'étendre et de s'immiscer dans toutes les sphères de nos vies pour maintenir ses taux de profits. Or, avec sa globalisation à toute la planète et à presque toute chose qui désormais s'achète ou se vend, le capitalisme atteint une limite. De plus, le developpement du tertiaire accroît l'importance de modes d'organisation plus efficaces que le vieux hiérarchisme du XIXième ! C'est pourquoi le capitalisme est de plus en plus "contraint", pour se maintenir alors qu'il n'est "plus rentable", à évoluer à la fois vers "moins de hiérarchie" et vers moins de liberté, plus de contrôle social, de flicage, de fichage, et d'arbitraire. Les deux sont très contradictoires : le "besoin" de contrôle social des capitalistes s'oppose au besoin de créativité de ses organisations qui nécessite exactement l'inverse : la liberté. Le capitalisme ne peut pas concilier efficacité des organisations et préservation du règne des réactionnaires : confronté à ce dilemme, les gouvernements capitalistes réagissent en restreignant les libertés et en développant le contrôle social, au détriment de la productivité globale : leur pouvoir leur importe plus encore que leurs profits.



Dernière édition par Minga le Sam 28 Mar - 18:40, édité 1 fois (Raison : ptites fautes)

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20 Re: Démocratie, direct ! le Sam 28 Mar - 18:43

"leur pouvoir leur importe plus encore que leurs profits.", ce qui est logique et très important à relever.

Le pouvoir est le fléau social majeur !

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